jeudi 21 octobre 2010

The slaps' week

Cette semaine, j'ai reçu deux claques en pleine figure... Une claque artistique mineure. Et une claque humaine décisive.
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Je m'explique...
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I. The artistic slap
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Samedi dernier, en plus d'être allée au cinéma, je suis allée à la National Gallery of Art de Washington... chose que je vous avais cachée pour mieux vous en parler ensuite ! Cette visite faisait partie de mes projets depuis longtemps, je l'attendais avec impatience, mais je la repoussais sans cesse, pour y aller avec Marine et Mathilde. N'y tenant plus, j'ai donc passé 3h dans ladite galerie samedi après-midi, toute seule. Et je dois dire qu'après avoir été plus ou moins déçue par deux des musées que j'ai déjà vus à DC, celui-ci a comblé toutes mes attentes !
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Il n'est ni à la hauteur du Musée d'Orsay, ni du Musée du Vatican, ni du Musée Thyssen-Bornemisza (ça n'engage que moi !) mais il est quand même magnifique ! Deux ailes reliées entre elles par un tunnel souterrain couvert de diodes scintillantes, digne de Star Wars :
- une néoclassique (cf. la photo qui précède), construite par Pope en 1941,
- et une contemporaine, construite par Pei, dans le même style que la pyramide du Louvre et le carrousel (cf. la photo qui suit).
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Étant donné le nombre impressionnant de toiles que possède le musée, on pourrait facilement y passer une 4 jours. J'ai donc sélectionné un-quart-d'un-étage-d'une-des-deux-ailes et je me suis concentrée dessus. J'ai ainsi pu faire :
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- la peinture espagnole des 18th et 19th siècles. Étonnamment, les Américains n'ont pas grand-chose dans ce domaine. 4-5 Goya se courent après dans une unique petite salle. Et puis, je veux pas jouer les blasées, mais après Madrid, difficile de rivaliser...
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- la peinture française des 18th et 19th siècles. Là par-contre, il y avait un paquet de jolis Fragonard (et non Popi, Fragonard, ce n'est pas qu'un magasin chic à Saint-Germain... ;-) et Chardin, ainsi que quelques belles sculptures. Petit aperçu en images :
* Jeune fille lisant, par Fragonard
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Alexandre Brongniart, par Houdon
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- la peinture anglaise. J'ai beau ne pas être une huge fan de Turner, je dois avouer que certains tableaux sont vraiment beaux ; il y a une lumière vraiment particulière... Et puis des beaux portraits et paysages par Constable, Gainsborough, Reynolds... Les classiques quoi ! J'ai vu un portrait en pied de deux jeunes filles anglaises ; celle de droite ressemblait comme deux gouttes d'eau à Eva. C'était saisissant !... Impossible de retrouver son nom et donc de la « googliser ». Quand je retournerai à la NGA, je regarderai.
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Venise, le Palais des Doges et Saint-Georges-Majeur, par William Turner
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- la peinture américaine enfin, du 18th siècle à la première moitié du 20th siècle. Entre autres :
Des portraits des premiers présidents. Je vous mets Georgie quand même... Mais pas Tomtom, parce qu'il n'est pas à son avantage sur le tableau de Gilbert Stuart je trouve. Et je vous mets pas non plus Monroe ; j'avais jamais vu sa tête... Il est laid ! On dirait un rat musqué...
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Celui qui m'a beaucoup plu et que je n'avais jamais eu l'occasion de voir dans aucun musée : George Catlin, un peintre qui a beaucoup peint les Indiens d'Amérique. Le section américaine du musée compte ainsi de très beaux portraits de chefs indiens, de scènes de danse indienne, etc. C'est peu courant...
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Autre chose, qui n'était pas très beau mais vraiment impressionnant, c'était cette sculpture taille réelle d'Augustus Saint-Gaudens : le « Shaw Memorial », censé commémorer un valeureux colonel mort près de Charleston vers la fin de la guerre de Sécession ainsi que son bataillon. La spécificité de la sculpture ? Le 54° régiment emmené par Shaw était la première unité de l'armée américaine à inclure des Noirs-Américains. A l'époque, l'idée de sculpter un mémorial à la gloire de ces soldats était assez révolutionnaire !
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Enfin, pour terminer, je vous mets... des poires ! Non pas en référence à mon pseudo, mais parce que moi qui ne suis pas sensible aux still lives en général, je ne sais pas pourquoi mais j'ai beaucoup aimé celle-ci. Elles sont tellement bien peintes, en termes de proportions, de couleurs, de finesse, qu'on croirait presque pouvoir les toucher. Je vous assure, ça ne rendra peut-être pas grand-chose avec une image du tableau piquée sur Internet, mais en vrai, le réalisme de ces poires est frappant !
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George Washington, par Stuart
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Boy-Chief, Ojibbeway, par George Catlin
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Ripening Pears, par Joseph Decker
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Enfin, pour terminer ce petit tour virtuel d'une toute petite partie de la NGA, je voudrais vous mettre aussi deux photos du Sculpture Garden, qui jouxte l'aile néoclassique, et dont je vous avais déjà parlé, à l'occasion des concerts de jazz le vendredi soir en été.
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Mon gros coup de cœur, cette arbre nu tout en acier, qu'on dirait sorti tout droit d' « Edouard aux mains d'argent » ! C'est l'œuvre de Roxy Paine, intitulée Graft.
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Et puis House I par Roy Liechstenstein : cette espèce de sculpture est faite de trois plans (correspondant aux trois aplats de couleur) assemblés de façon concave, ce qui fait que, selon où l'on se place, on a toujours l'impression de voir une maison proportionnée mais dans une perspective différente.
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Cécile, je suis gentille, je ne mets pas la sculpture de l'araignée géante en métal...
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II. The human slap
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Bon, cette deuxième claque n'a absolument rien à voir avec la première. Elle correspond à une conférence à laquelle j'ai assisté hier soir à la Elliott School, qui fait que ça y est, j'ai pris ma décision quant à mon choix de Master ! Ça faisait un an que je balançais entre « Affaires publiques » et « Affaires internationales ». Et bien sans qu'il le sache, le monsieur que j'ai écouté parler hier soir comme s'il s'agissait de Père Castor, a été le déclic ! Nina, prépare-toi à me supporter encore deux ans de plus, parce que j'opte définitivement pour « Affaires internationales » !...
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Je m'explique. Le sujet de la conférence d'hier soir : « Let’s Start with Haiti : President Obama’s New Vision for Development Work ». L'intervenant : Ray Offenheiser, le Président d'Oxfam Amérique.
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« Oxfam » vient de « Oxford Committee for Relief Famine », une organisation fondée en Grande-Bretagne en 1942. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, ce groupe milita pour que des vivres soient envoyés, malgré le blocus naval des alliés, aux femmes et enfants qui mourraient de faim en Grèce, pays alors occupé par l’ennemi. Depuis, Oxfam s'est développé, sous la forme d'Organisations Non-Gouvernementales alliées implantées dans 14 pays. Œuvrant aujourd'hui dans 99 pays dans le monde, Oxfam est devenu le leader mondial en matière de mesures d'urgences pour lutter contre les catastrophes naturelles, la pauvreté, la maladie, le commerce non-équitable, et développer l'éducation.
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Quant à Ray Offenheiser, depuis 1995, il est donc le Président d'Oxfam Amérique. Entre autres titres pompeux, il est membre du Conseil des Relations Étrangères pour l'État, de la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale (l'un des plus gros think tanks au monde) ; il est aussi un scholar intervenant régulièrement à Harvard, Notre-Dame (Illinois) et Columbia. Quinquagénaire frisant la soixantaine (c'est une estimation...), barbu, il a les yeux pétillants d'intelligence et de vivacité. Il parle très vite alors j'ai du m'accrocher, mais je crois que j'ai saisi à peu près 80-90% de son discours.
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La conférence correspondait en fait à un compte-rendu de l'état d'Haïti, neuf mois après le tremblement de terre. Offenheiser nous a décrit la situation géographique, économique et humaine d'Haïti avant la catastrophe. Il a également porté un regard très critique sur la responsabilité des pays européens (la France en tête) et des États-Unis dans le développement raté d'Haïti au cours des deux siècles passés. Il a décrit comment s'était passé le séisme et ce qui en a résulté, l'action d'Oxfam et des autres ONG sur le terrain dans les mois qui ont suivi, les rapports qu'entretiennent les Haïtiens avec ces « aides internationales »... Questionné sur la corruption qui règne trop souvent au sein des ONG, il n'a pas fait de langue de bois. Il a expliqué ce qu'il restait à faire à Haïti, à court et à long terme. Juste pour vous transmettre un chiffre très significatif qu'il nous a donné : 1 million de personnes, rien qu'à Port-au-Prince, n'ont toujours pas retrouvé de toit, et continuent par conséquent à s'entasser dans des tentes et des abris de fortune sur une place/avenue publique qui s'apparente au Mall en termes de superficie...
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Enfin, Offenheiser a expliqué en quoi consistait la politique de Développement d'Obama. Il m'a appris qu'Obama avait fait un discours au Congrès, il y a un mois ou deux, traitant uniquement des objectifs américains à atteindre dans les prochaines années, en matière d'aide au développement et de lutte contre la pauvreté. Le croirez-vous ? Un tel discours, axé uniquement sur ce thème, n'avait pas été fait depuis Kennedy en 1961. Offenheiser a vraisemblablement vu assez de misère dans sa vie pour être devenu quelqu'un d'hautement réaliste et pragmatique ; pourtant, il n'a pas l'air d'avoir perdu tout espoir de voir un jour les politiques et la population américaine placer le budget d'aide au développement au même rang, voire devant, le budget dévolu à la Défense. Il ne désespère pas de faire évoluer les comportements, ainsi que la théorie même d'aide au développement. Selon lui, on devrait inciter les gouvernements et la communauté internationale à agir davantage à la source du problème de la pauvreté, en mettant fin à l'assujettissement économique des pays du sud vis-à-vis des pays du nord, en apprenant à ces mêmes pays à s'auto-gouverner intelligemment. Plutôt que de toujours utiliser des pis-allers par à-coups pour lutter contre la misère une fois qu'il est trop tard, et de recourir à des ONG impérialistes qui déresponsabilisent les gouvernements locaux...
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Désolée si je ne m'exprime pas très bien ; je n'ai pas encore 35 ans de carrière derrière moi. En tout cas, Ray Offenheiser m'a inspiré beaucoup de respect et d'admiration. Grâce à lui, j'ai appris beaucoup de choses sur Haïti, et j'en suis revenue à mes premières amours : je veux passer ma vie à faire le travail qu'il fait, du concret, du pragmatisme, de l'utile... Pas des courbettes en mangeant des petits fours dans les salons Louis XVI d'un quelconque ministère, ni de la paperasse sans foi ni loi prétendument utile et en réalité destinée à finir dans une déchiqueteuse... Et sans même parler du long terme, je ne veux pas m'embêter encore deux ans de plus à mon retour à Paris à étudier de la comptabilité publique, du droit public, de la finance. Je ne veux pas me re-focaliser sur un concours que, soyons honnêtes, je n'ai aucune chance de décrocher ! Je veux faire ce que le génial Père Castor d'hier faisait...
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Voilà ! La grosse claque étant digérée, je m'apprête à savourer à nouveau chaque jour passé à Washington. Bisous les copains ! :-)
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PS : En me relisant, je réalise que l'anglais finit quand même par rentrer... J'ai perdu l'habitude d'écrire les siècles en chiffres romains, et je me trompe dans les suffixes... Les essays vont finir par payer ! :-)

lundi 18 octobre 2010

6 pieds 10 pouces

Bon, c'est parti les copains, au diable les papers ; je vous raconte les trucs pas mal que j'ai faits/vécus cette semaine !

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Savouré...

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Mercredi dernier, c'était le deuxième dîner de coloc' que Charlotte, Kei, Hyuna et moi organisions dans notre petit chez-nous. Cette fois, c'était au tour de Kei et Hyuna de nous préparer un repas. Je ne vais pas vous détailler le menu, parce qu'il ne comportait rien d'extraordinaire... à l'exception des appetizers préparés par Hyuna !

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Décidément, ma roommie est vraiment un cordon bleu (j'avais envie de faire une blague sur "cordon jaune"... Oh et puis zut ! C'est pas politiquement correct mais c'est pas méchant non plus, alors je la fais !). Cette fois, elle avait préparé une espèce de purée de patate douce, assez consistante, qu'elle avait transformée en boules, renfermant du kimchi (toujours ce chou rouge, qui est visiblement aux Coréens ce que les patates sont à Grand-Mère ;-) et des petits bouts de fromage. Une fois prêtes, elle les a mises au four pendant quelques minutes, de sorte qu'en les en ressortant, elles présentaient une fine croûte légèrement croustillante, et le fromage à l'intérieur avait fondu. Mmmmmmmm... Un régal ! Une tuerie !

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Avis à mes lecteurs : testez les restaurants coréens si ce n'est pas déjà fait ! En plus, si tous les cuisiniers coréens sont comme Hyuna, vous n'avez rien à craindre en termes d'hygiène ; elle prépare tout avec des gants transparents jetables, elle répartit tous ses ingrédients dans des petits bols impeccables à la façon de Joël Robuchon... C'est beau à voir... et c'est bon à manger !

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De g. à d. : Kei, Charlotte, moi et Hyuna

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Assisté...

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Vendredi dernier, c'était l'ouverture officielle de la saison de basket de GW. A cette occasion, un gros show avait lieu dans l'énorme stade couvert de l'université, à un block de chez moi. On ne savait pas trop en quoi ça consistait mais on venait de passer tout l'après-midi en bibli à travailler et c'était "free entrance" alors j'y suis allée avec Marine, Connie (la Chilienne) et Tim (un Australien)... Autant vous dire que ça en valait la peine ! L'Amérique dans toute sa splendeur et ses clichés ; l'impression d'être devenue une figurante dans une série-télé... Je m'explique...

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On a commencé par faire la queue, sur deux côtés du block ; on a cru qu'on ne rentrerait jamais... Et puis on y est arrivé ! Armés de canettes de Coca distribuées à l'entrée, on a pénétré dans le saint des saints... De la musique à fond les ballons, des projecteurs partout, des écrans géants à 4 côtés, des lasers, des cris, beaucoup beaucoup de monde, y compris des parents d'élèves...

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Comme toujours, on commence par l'hymne américain, avec pour image un immense drapeau américain tendu par les pompoms locales...

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Ensuite, on continue avec un numéro des cheerleaders en question, autrement impressionnantes que les pompoms telles qu'on se les imagine en France : vraiment souples, vraiment acrobatiques, vraiment en rythme, vraiment danseuses... Pas juste agiteuses de pompoms à ma façon quoi...! Des pyramides humaines, des portés, des sauts vertigineux, des pirouettes, et une grande synchronisation ! Je ne sais pas si elles sont entraînées par Sue Sylvester ;-) mais en tout cas, elles sont sacrément décoiffantes ! Ne pouvant pas vous mettre la p'tite vidéo que j'ai faite sur mon blog, je vous renvoie à Youtube, où vous trouverez la choré très similaire qu'avait faite la cheer team en 2005 : http://www.youtube.com/watch?v=UdgvqY8rZTQ. Génial !

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Après ça, le dean a fait son apparition, en maillot de basket par-dessus un pantalon beige tout ce qu'il y a de plus convenable... [J'ai du mal à imaginer Richie aussi décontracté au Crit'.] Il s'est retrouvé au milieu des capitaines des deux équipes (féminine et masculine) des Colonials, puisque c'est comme ça que s'appellent les sportifs de George Washington, qui faisaient bien 2 têtes de plus que lui... Accrochez-vous : la capitaine mesure 6 pieds, 5 pouces (soit 1m96) et le capitaine mesure 6 pieds, 10 pouces (2m08).

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Les joueurs de chacune des deux équipes ont ensuite été présentés individuellement, leurs nom, ville d'origine et taille étant hurlés dans le micro par le présentateur, sur fond de projections lasers et de fumée dignes de "La guerre des étoiles". L'équipe masculine a eu droit à un tapage particulier, étant donné qu'elle est très très bien classée au niveau national (dans le tournoi des universités). [Angèle, je ne sais pas où sont les Hoyas par rapport aux Colonials, mais je serais curieuse de le savoir...] Et puis, toutes les freshmen étaient hystériques face à ces grands Blacks hyper-musclés. Les basketteurs nous ont gratifiés d'un numéro de danse avec l'équipe féminine de danse de l'université. Et même s'ils sont vraisemblablement plus à l'aise avec des baskets et un ballon entre les mains, ils ne s'en sont pas trop mal sortis en costume trois pièces à se trémousser en rythme...

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A cela s'est ajouté un numéro de hip-hop tout aussi impressionnant et chouette que celui des pompoms. Et puis, un quatuor de percussions a aussi fait une super démonstration d'agilité : quatre Blacks assis sur des bidons, serrant des bidons plus petits retournés entre les jambes, et tambourinant à toute allure, tout en restant parfaitement synchro les uns avec les autres, en s'amusant à faire tourner leurs baguettes en l'air entre chaque battement... Dit comme ça, ça n'a pas l'air hors du commun, mais je vous assure que ça l'est : c'était un vrai numéro à cheval entre la musique et le jonglage ! Encore une fois, je ne peux pas mettre ma vidéo sur le blog, alors voici le lien Youtube par un groupe tout aussi similaire, originaire de Chicago comme celui que nous avons vu : http://www.youtube.com/watch?v=_kZf9mIJLew.

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En vrac : ajoutez à ça des fréquents lancers de t-shirts/pompoms (j'en ai eu un !!! même qu'il clignote...!)/tricornes en mousse/burritos au hasard dans le public... Ajoutez les fréquents passages sur le terrain d'un George Washington gonflable, d'un Hippo gonflable, et d'un deuxième George Washington gonflable plus gros surnommé "Big George" (allez savoir pourquoi...)... Ajoutez la projection parallèle de petits films à la gloire de nos deux équipes de basket au dessus d'un terrain et devant des gradins déjà bouillonnants et trépignants... Vous visualiserez un peu l'ambiance de folie qui règnait dans le stade ce soir-là !

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Ah oui ! J'oubliais... Tout ça s'est fini dans une ronde fraternelle de la plupart des participants au show, chantant l'hymne de l'université, notre Alma Mater à laquelle on reste attachée toute sa vie, en tant qu'ancien élève...

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Très bonne soirée donc, qui m'en a mis plein les mirettes ! :-)

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Vu...

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Samedi soir, je suis allé voir "The Social Network" à Georgetown, l'histoire de Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook. Bilan en deux temps trois mouvements avant que je m'en aille dodoter :

1) Le cinéma coûte extrêmement cher à Washington ! $11 la séance, zéro réduction pour les étudiants. Autant vous dire que mon petit UGC Gobelins à 3,90€ la séance me manque...

2) Allez voir le film si vous en avez l'occasion : je ne sais pas s'il est véridique, en tout cas, il est très bien ! Bons acteurs, bon scénario, bonne intrigue... L'action censée se dérouler à Harvard a en fait été tournée à Johns Hopkins University, à Baltimore... là où j'ai été !

3) Mark Zuckerberg est un beau saligaud ! Il mériterait une bonne dizaine de paires de claques... Voler la propriété intellectuelle d'autres élèves d'Harvard, se servir de son "ami" pour parvenir à ses fins, le poignarder dans le dos un an après, quand la société commence à vraiment prospérer, prendre tout le monde de haut excepté un jeune businessman drogué et manipulateur nommé Sean Parker... Quel beau parcours pour en arriver là où il est maintenant !

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Sur ce, Morphée m'appelle... Alors je vous délaisse... Bisous tout le monde !

dimanche 17 octobre 2010

D'humeur peu studieuse un dimanche aprem...

Il est 18h06, nous sommes dimanche, je suis à la Gelman Library en train d'écrire mon maudit midterm paper pour mon cours sur le conflit israélo-palestinien... et j'en ai marre ! Alors c'est parti pour une petite pause blog !
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Bon, puisque je parle justement de papers, c'est l'occasion de faire un petit bilan sur déjà 7 à 8 semaines de cours, pour répondre à Marie qui s'inquiétait de savoir si je travaillais quand même un peu dans ce pays... La réponse est OUIIIII ! Je travaille même trop, comparativement aux récits de 3ème année que je peux lire à droite à gauche ; c'est pô juste... Trop de readings, trop de papers, trop d'heures indues passées en bibli depuis mon arrivée ! Fort heureusement, jusqu'à présent, la majorité de mes cours me plaisent, et mes premiers résultats sont plutôt encourageants ! :-)
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US Diplomatic History
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C'est le cours qui demande le plus d'investissement, mais c'est de loin mon préféré. J'apprends plein de choses, je lis énormément, les sujets de papers sont intéressants... Le programme du cours commence à la fin du XIX° siècle, avec les présidences McKinley/Teddy Roosevelt/Taft, etc. J'ai découvert en quoi consistait exactement l'application pure et dure de la doctrine Monroe en Amérique du Sud et dans les Caraïbes depuis la guerre hispano-cubano-filipino-américaine de 1898 jusqu'à son évolution vers une "good neighbor policy" dans les années 1930. Je me suis rendue compte à quel point le pataquès autour de la construction du Canal de Panama était amusant (j'ai soulé Marine avec ça tout un dimanche matin, elle s'en souvient encore...). J'ai étudié la politique idéaliste de Wilson, puis celle non-interventionniste de ses successeurs (Coolidge, Hoover, etc.) J'ai étudié la politique compliquée d' "Open Door" en Asie avant la guerre, avec les Japonais qui, ça se confirme, ne me plaisent vraiment pas ;-) Et là, mon dernier essai en date portait sur Truman et l'utilisation de la bombe atomique sur Hiroshima ; chose encore très intéressante à étudier d'un point de vue américain by the way... Voili voilou ce qui me captive ce semestre !
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The Israeli-Palestinian Conflict
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Aïe aïe aïe... La prof est teeeellement ennuyeuse ; elle parle d'une voix teeeeeellement basse et monocorde... Il y a teeeeeellement de readings à faire avant chaque cours (sérieusement, si je les faisais toutes, je ne dormirais plus...) que j'ai résolu la question en me mettant en grève (je reste française...). En plus, le cours est essentiellement basé sur un blabla de la prof, pas inintéressant mais complètement messy, sans queue ni tête, de sorte que j'ai lâché l'affaire... Ajoutez à cela qu'elle murmure presque plutôt qu'elle ne parle, ce qui fait que je ne comprends qu'une phrase sur deux, et vous comprendrez pourquoi j'ai du mal. Les seules choses qui me plaisent ? Les films et documentaires qu'on regarde de temps en temps sur le sujet, et l'intervention d'une jeune Palestinienne d'une ville mixte, la semaine dernière, et possédant par conséquent la nationalité israélienne...
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Film & Politics
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Bon, c'est pas si horrible que ce que je pensais... mais c'est pas non plus génial ! On a regardé quelques films très bien en début de semestre, et là, au fil du temps, on tombe dans les blockbusters américains type "Independence Day", "The Matrix", "Batman"... Sniffff... Le bon côté de ce cours, c'est que quand même, on ne fait pas que regarder des navets, qu'on a des textes philosophiques à lire à côté (Michel Foucault, John Stuart Mill, Henry Thoreau, ce bon vieux Alexis de Tocqueville, Hofstadter...) assez intéressants pour la plupart. J'apprends donc quand même des choses : sur l'individu et la société, sur l'utilisation de la paranoïa par les politiques, sur la démocratie, sur la discipline et la pénalité, etc. Niveau boulot, ça représente un court essai à rendre tous les lundis matins. C'est du travail, mais en même temps, c'est assez régulier, et du coup, je n'ai pas de gros stress avec un examen de mi-semestre par exemple... Pour la fin du semestre en revanche, on doit produire un long research paper sur un film et un concept philosophique propre à la politique américaine qui y est relié. J'envisage de faire le mien sur "Into the Wild" et l'individu coupé de la société dans Walden de Thoreau... Ca me botte assez !
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Spanish and Latino-American Literature
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L'un de mes deux cours préférés avec "US Diplomatic History". La prof est géniale : une jeune brunette Américaine à la coupe et au style "Années folles", qui a vécu longtemps en Espagne et en Amérique latine, hyper énergique et dynamique... Elle nous fait cravacher (déjà 4 essais de rendus) mais ça en vaut la peine ! Je n'ai jamais autant lu de poésie du Siècle d'Or ni de nouvelles de Cortazar en espagnol. Même si je reste plus ou moins insensible à la première, le cycle de lecture de l'écrivain argentin m'a beaucoup beaucoup plu ! Certaines nouvelles sont vraiment géniales ! Prochaines étapes : Borges, Garcia Marquez, et Garcia Lorca !
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Yoga
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Je zappe. La perspective de devoir tenir un "Yoga diary" toutes les semaines est déjà assez pénible... Je vais pas en plus vous en parler ! Juste pour info : les positions de l'arbre en fleurs et de la montagne renversée en équilibre sur un chimpanzé n'ont plus de secrets pour moi... =)
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Dance for Theater
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Epuisant, crevant, éreintant... mais bigrement satisfaisant ! Après pas mal de semaines passées à travailler le numéro "Steam Heat" extrait du Pajama Game, nous avons débuté la toute première chorégraphie de la comédie musicale Dreamgirls... Glamour au possible ! On porte ce qu'on appelle des "chaussures de caractère" (des chaussures à talon et bride, pour le flamenco, le tchatchatcha...) argentées... On adopte des poses d'actrice hollywoodienne sur un tapis rouge... C'est drôle et l'effet d'ensemble (nous sommes une petite douzaine de danseuses) est génial quand on se voit dans le miroir ! Anecdote amusante : Estelle, tu dois le savoir, mais moi j'ai découvert ça : le français n'a pas encore perdu toutes ses lettres de noblesse... Tous les mouvements de danse portent encore des noms français depuis Louis XIV, ce qui fait que la prof nous abreuve de "Pliiiiiiiiiiez", "Pas de bouuuuu'ééée", "Jeeeeeté"... C'est assez drôle !
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Sur ce, il est l'heure d'aller manger, alors je vous laisse... Je reviendrai peut-être ce soir vous raconter les quelques éléments intéressants de cette dernière semaine...

dimanche 10 octobre 2010

Arlington

Hier après-midi, armés d'un bon pique-nique, Mathilde, Marine, Flavia, Edmond (un Français de Johns Hopkins University en stage au Capitole) et moi avons entrepris un graaaaaand voyage. Nous avons décidé d'aller... en Virginie ! Dit comme ça, on pourrait s'imaginer qu'il s'agit d'un Etat lointain des US. Eh bien non ! La Virginie, c'est (avec le Maryland), l'un des deux seuls Etats américains frontaliers du District of Columbia. Sachant que ledit district recouvre la superficie de Washington uniquement, on accède à ces deux Etats en quelques minutes à peine de métro. Plus simplement, on traverse l'un des ponts qui enjambent le Potomac.
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Hier, direction Arlington (VA) donc ! Arlington, c'est quoi ? Arlington, c'est le plus grand et le plus connu des cimetières militaires américains. C'est un peu les cimetières américains de Basse-Normandie (Coleville et tout le tralala) puissance 10.
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Explication :
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Arlington Cemetery a été construit pendant la Civil War (ce que nous, nous appelons la guerre de Sécession) sur la propriété du Général Lee (bien connu des cruciverbistes), général à la tête des Confédérés. Pour la p'tite histoire people, amusante coïncidence : l'épouse du Général se trouvait être l'arrière-arrière-petite-fille de George Washington. Comme quoi, on en revient toujours à Georgie... :-)
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Bref, aujourd'hui, le cimetière s'est étendu, puisque sa superficie est d'un peu plus de 250 hectares, divisés en 70 sections. Et de la propriété de Lee telle qu'elle était dans les années 1860, il ne reste que sa mansion, une maison coloniale, encore qu'elle-même a été largement remaniée au fil du temps.
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Venons-en au fait : les tombes ! Ici, on trouve donc quelque 365 000 tombes de soldats (quelques-uns sont enterrés avec leurs épouses ou leurs enfants, mais ce ne sont pas les plus courants). Ils sont morts lors de la guerre de Sécession, la guerre hispanico-cubano-filipino-américaine de 1898, la Première Guerre Mondiale, la Deuxième, la guerre de Corée, la guerre du Viêt-Nam, la guerre du Golfe, etc., bref, toutes les guerres dites "nationales". Les tombes les plus récentes datent de la guerre en Irak et de la guerre en Afghanistan.
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Certaines sections sont un peu particulières. Ex : la section 21 regroupe essentiellement des infirmières ; la section 27 rassemble quelque 3800 esclaves affranchis ayant pris part à la guerre de Sécession, du côté des Nordistes bien évidemment. Et puis on trouve aussi un Mémorial dédié aux Soldats Inconnus, décédés au cours de chaque guerre. Depuis le 6 avril 1946, celui-ci est gardé par l'armée, sans interruption, ce qui donne lieu à la relève de la garde, très appréciée des touristes, toutes les heures.
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Du côté des "célébrités" enterrées/honorées dans ce "Père Lachaise" américain, on retiendra :
- les Kennedy (JFK, Bob, Jacki, Ted...) enterrés tous à proximité les uns des autres sous des dalles brillant de sobriété ;
- le jazzman Glenn Miller, disparu en mission en décembre 1944 ;
- Pierre L'Enfant, l'architecte à l'origine de la ville de Washington ;
- plusieurs des Présidents américains de la fin du XIX°-début XX°, dont William H. Taft par exemple ;
- les Américains décédés lors de l'attentat de Lockerbie ;
- ceux décédés lors du crash sur le Pentagon le 11 septembre 2001 ;
- ceux décédés lors du lancement raté d'une navette spatiale en 1986.
etc.
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Ici, la tombe encore assez "fraîche" de Ted Kennedy, enterré au pied de la maison du Général Lee.
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Etant donné que 27 enterrements en moyenne ont lieu chaque semaine à Arlington, le site compte aussi un immense amphithéâtre d'inspiration antique (1500 places), pour toutes les cérémonies/commémorations officielles.
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Voilà pourquoi ce qu'on peut voir dans ce cimetière, ce sont des dalles/croix blanches par milliers, aligné(e)s sans discontinuité, jusqu'à perte de vue. C'est très impressionnant, moving, ça force le respect... mais en même temps, ce n'est pas gloomy du tout. Le site est très vallonné et arboré, et surplombe l'agglomération de Washington par endroits, ce qui offre un très beau panorama. Comme vous pouvez le voir, il fait bon être enterré ici : c'est très calme, très serein, peaceful. J'ai trouvé que le cimetière n'incitait pas du tout à un appitoiement ou aux larmes ; simplement au "doux souvenir" des morts pour la patrie. J'ai vu quelque part qu'à Noël, quand il neigeait, ils plaçaient une couronne de houx enrubannée de rouge sur chaque tombe ; ça traduit assez bien l'état d'esprit qui règne dans ce site considéré comme le plus sacré des Etats-Unis...
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jeudi 7 octobre 2010

From Loulou to pictorialists through mashed potatoes...

Une fois n'est pas coutume : je suis d'humeur littéraire ces temps-ci... Alors je poste DEUX fois dans la même semaine...
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Parce que je ne sais pas trop comment organiser mes idées autrement, et parce que Lucile aime ma p'tite formule, nous voilà repartis pour un nouveau numéro de...
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La Gazette de Washington - N°2
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Page "Célébrités" :
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LA célébrité de passage à Washington ces temps-ci, c'était ma Louise Mariani nationale, j'ai nommé "Loulou" ! Après lui avoir rendu visite à Baltimore, il était temps qu'elle vienne me voir à DC... C'est ce qu'elle a fait le WE dernier ! Sans peur et sans reproche, puisqu'elle allait y passer deux nuits sur 2 matelas de yoga empilés l'un sur l'autre, représentant en tout et pour tout une litière confortable de 8 mm d'épaisseur... J'ai honte quand on sait le luxe dans lequel j'avais été accueillie à Baltimore mais bon... Comme dirait Chantal : "Un moment de honte est vite passé..."
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Récit rapide de nos quelques activités intéressantes au cours de ce WE palpitant...
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Vendredi soir : promenade nocturne sur le Mall, avec un ciel étonnamment noir, contrairement à Paris. Ici, pas trop de pollution lumineuse ; on se croirait à Vellerot... Place à la lune et aux étoiles... Résultat : des monuments aux allures complètement différentes de lorsqu'on les contemple en plein jour... Un peu scary pour tout vous dire ! Une étonnante constatation du même coup : aucune surveillance apparente (je dis bien apparente) des abords des Memorials et de la Reflecting Pool. On peut s'y promener librement, à la différence des parcs parisiens par exemple. D'où la question : comment se fait-il que ce lieu ne soit pas davantage fréquenté par les clochards / les drogués / les dealers, etc. ? Mystère...
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Aperçu en images.
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Abraham Lincoln trône de jour comme de nuit. Il paraît encore presque plus "divinisé" à la nuit tombée. Son imposante statue d'un blanc éclatant, bien éclairée, se voit de l'autre côté de la Reflecting Pool. On dirait vraiment une statue de Dieu grec. Marine remarquait à juste titre que cette statue, à elle seule, reflète bien le fait que le patriotisme américain est presque assimilé à une religion civile, à un culte...
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Quant au Korean War Memorial, il me fait toujours autant d'effet... Peut-être même encore plus de nuit. Ces soldats fatigués, apeurés, errant dans la végétation, font presque l'effet de morts-vivants. C'est assez indescriptible comme sensation ; il faut le voir pour le croire, mais je vous promets qu'il fait froid dans le dos.
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Quant au World War II Memorial, il n'est pas vraiment angoissant, mais il est toujours aussi majestueux dans la nuit... Jugez par vous-mêmes !
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Samedi après-midi : promenade dans le downtown de DC.
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Je découvre ENFIN la Maison-Blanche de jour. Il fait un temps superbe. Après 4-5 jours de froid intense, le soleil réapparaît aussi soudainement qu'il avait disparu il y a 10 jours, et on ressort les débardeurs et les sandales. Pas un nuage à l'horizon, des arbres et de l'herbe bien verts... L'occasion de sortir l'appareil-photo...
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Ci-dessous, le bâtiment du Trésor, juste à côté de la Maison-Blanche. Toujours sur le modèle "temple grec" ironiquement vieux de 100-150 ans à peine, comme beaucoup d'institutions fédérales à DC. Merci Loulou pour la photo : je l'aime beaucoup.
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A la recherche d'un musée "bien américain" qu'on pourrait visiter et que Loulou n'aurait pas encore vu, on opte finalement pour le National Museum of the American Indian, tout en haut du Mall, juste au pied droit du Capitole.

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Extérieurement ? Une réussite d'architecture moderne. Une pierre couleur d'ocre jaune, qui n'est pas sans rappeler les Indiens justement. Des formes irrégulières, courbes, empilées les unes sur les autres...
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Intérieurement ? Un musée "un peu trop américain", avec tout ce que ça implique. Des chaussons de petits Indiens censés dater de la fin du XIX° et pourtant d'un blanc étonnamment immaculé, avec des perles de couleurs fluo s'apparentant étrangement à du plastique... Des totems tenant plus du décor de western en carton-pâte que du bon bois massif peint comme on en avait vu à Cheyenne, Idaho Falls où je ne sais plus où (Papa, Maman... Si seulement j'avais le GPS ;-) Bref, du fake à gogo, et peu d'authenticity. Et surtout : l'impression d'avoir pas appris grand-chose en ressortant, pour ne pas dire... rien du tout malheureusement !
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Le cadeau-bonus en s'apprêtant à reprendre le métro à Smithsonian pour rentrer à GW : ça ! Le coucher de soleil sur le Washington Monument ! :-)
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Samedi soir : resto mexicain avec Trevor, qui en a profité pour nous faire découvrir le quartier d'Adams Morgan, le quartier latino de DC. Quartier très sympa, animé, fréquenté soit dit en passant...
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Page "Gastronomie - Restaurants"
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Après avoir fait quelques mises au point au sein de ma coloc', concernant le ménage un peu trop laxiste des parties communes, la sortie des poubelles pas très alternée, ou encore le véritable emploi du lave-vaisselle (qui, non, n'est pas un placard pour égouter ses casseroles déjà lavées dans l'évier... Je m'adresse à Kei, la Chinoise...), la légère tension qui régnait quelque peu dans l'appart s'est allègée. L'occasion d'introduire un nouveau concept : les dîners de coloc' !
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Parce qu'on vit ensemble, à 4 nationalités, mais que finalement, on ne prend pas vraiment le temps de se connaître, on a décidé de dîner toutes les quatre, mercredi soir. Cette semaine, on a opté pour un dîner européen. La semaine prochaine, on fera un dîner asiatique. Aux fourneaux donc : Charlotte (l'Anglaise pour rappel) et moi (la Frenchie).
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Charlotte ayant elle-même admis que la cuisine britannique n'était pas particulièrement réputée (en dehors du pudding, de la marmite, etc. bien sûr...), elle a opté pour un plat tout simple de poulet au four/petits légumes à la vapeur/sauce au bouillon/mashed potatoes. Pour moi, c'est un plat assez commun ; pour Kei et Hyuna, c'est révolutionnaire ! En dessert, c'est bibi qui s'y colle : j'ai tenté AVEC SUCCES le crumble pommes/fruits rouges. Hyuna, toujours over-enthousiaste, est au bord de l'orgasme culinaire. Même Kei, la Kei taciturne, pas franchement sympa, se ressert allègrement ! Chouette ! J'ai mis dans le mille !
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1er repas de coloc' : une grande réussite donc !
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Page "Evènements culturels"
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La découverte de la Phillips Collection, l'un des nombreux musées d'art de DC basés sur des collections privées...
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C'est en compagnie d'Hyuna, déjà venue 5 fois ici (!), tant elle aime ce musée, que je découvre avec un émerveillement teinté d'énervement plusieurs de nos grandes fiertés nationales que nous ont "piquées" les Ricains. J'ai nommé Bonnard (j'aiiiiiiime Lucile, j'aiiiiiiime), Cézanne, Matisse, Van Gogh (on fait abstraction du fait qu'on l'a nous-mêmes "piqué" aux Hollandais...), Degas, Berthe Morisot, Cross, et j'en passe ! Le clou de la collection permanente : "Le Déjeuner des Canotiers", de Renoir. Anecdote : si les Américains s'arrêtent autant devant, c'est parce qu'ils l'ont découvert via "Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain", qui avait fait un véritable tabac à sa sortie ici...
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Enfin, ce n'est pas tant pour la collection permanente que pour l'expo temporaire que j'ai choisi de visiter ce musée aujourd'hui avec ma roommie chérie ! En avant-première (Hyuna a la carte d'adhérente du musée) : Truth/Beauty : Pictorialism and the Photograph as Art, 1845-1945.
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Une exposition géniale et une visite guidée passionnante, grâce au conservateur du musée...
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Les pictorialists désignent en fait ces photographes anglais, américains, allemands, français... qui, au milieu du XIX° siècle, décident d'ériger la photographie au rang d'art. Distincts de ceux qu'on appelle "les photographes de mariage" ou "les portraitistes officiels", ils sont au départ des amateurs plus sensibles que leurs semblables aux beautés de la nature, de la lumière, des corps, etc. Leurs supports et leurs techniques photographiques étant très différent(e)s de ceux/celles qu'on connaît aujourd'hui, cela donne des photos s'apparentant presque à des tableaux : des scènes de genre ou des paysages impressionnistes pour l'essentiel.
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L'espace urbain en pleine composition, entre modernisme des grattes-ciel et archaïsme des voitures à cheval. La campagne, avec une prédilection pour les étendues d'eau propices à la réflection des arbres, des cheminées d'usine, etc. Des familles type "Petite Maison dans la Prairie" surprises en plein déjeuner dominical. Des femmes dénudées, lascives. Quelques portraits empreints de mysticisme, avec des représentations de la Crucifixion par exemple.
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Un flou artistique pour certaines photos, une grande précision des lignes pour d'autres. Un papier d'impression faisant parfois ressortir des lignes en relief. Des couleurs pas vraiment "noires et blanches finalement" : du sépia, du jaune, de l'écru, du rougeâtre...
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Un régal ! Quelques coups de coeur en images :
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The Dance Lesson, Gertrude Kasebier (femme d'un riche industriel qui se mit à la photo tardivement, après que son mari lui offrit un petit appareil-photo portatif [l'un des premiers] pour ses 40 ans).
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Wells Cathedral, Frederick H. Evans.
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Three Women, Elias Goldensky.
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Spring Shower, New York, Alfred Stieglitz. (mon biggest crush je crois...)
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Wapping, Alvin Langdon Coburn.
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Fifth Avenue from the St. Regis, Alvin Langdon Coburn.
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Voili voilou pour l'expo mes choupinoux !
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Page "Voyages"
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Et parce que le noir & blanc m'a donné des idées, en rentrant de Dupont Circle, le quartier où se trouve le musée, je me suis lancée...
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Une petite rue paisible.

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De jolis escaliers, un joli perron... Pleins de fleurs...
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Tout de verre et d'acier.

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Fin de la Gazette. La suite de mes pérégrinations dans le prochain numéro ! :-)

lundi 4 octobre 2010

Un parfum de Washingtomne

Ca y'est ! L'automne a bien commencé à Washington... Il y a une semaine, j'étais en p'tite robe à fines bretelles sur le Mall. Aujourd'hui, la température maximale annoncée est de 14°C. Il fait désormais très froid la nuit. La pluie se fait plus fréquente. On a d'ailleurs assisté à une belle tempête en milieu de semaine dernière. Mais j'aime ça ! Parce que parallèlement, les pelouses reverdissent, les arbres roussissent et jaunissent, leurs feuilles commencent à tomber, les écureuils roux et gris (ou noirs, j'ai découvert qu'il y en avait aussi...) sautillent toujours dans l'herbe et sur les troncs... Bref, les couleurs changent. L'atmosphère aussi d'ailleurs. En entrant dans le Trader Joe's l'autre jour, je suis tombée nez à nez avec un amas de potirons, citrouilles et courges diverses et variées aux couleurs d'automne, en vue d'Halloween sans doute. Je me suis laissée tenter par un petit pot de pumpkin butter pour étaler sur mon pain le matin ; je vous raconterai ce que ça donne... Tout ça pour dire que, du peu que j'en ai vu, je sens que je vais aimer l'automne ici...

Bon, après cette petite envolée lyrique dont je n'ai pas pu m'empêcher, il est temps que je rattrape le grand retard que j'ai accumulé depuis 2 semaines dans le récit de mes découvertes et aventures outre-Atlantique.

La Gazette de Washington - N°1


Page "Sports"
Mercredi dernier, dans le cadre du programme d'intégration des étudiants internationaux, j'ai eu l'occasion d'aller pour la première fois de ma vie à un match de base-ball.

De g. à d. : Tim (australien), Hyuna (coréenne), Eve (française) et moi

A 19h05, le signal du départ a été donné dans le grand stade de Washington. Les équipes ? Ahlala... C'est là que ça sucks. Les Nationals, l'équipe de Washington dans les bas-fonds du classement national depuis des années, devait affronter les Phillies, l'équipe de Philadelphie qui, elle, parade régulièrement dans le top 3 du classement, du haut de ses 127 ans d'existence. Champions de la série mondiale en 2008, autant vous dire que le jeu des Phillies était nettement supérieur à celui des Nationals, qui se sont faits tout bonnement laminer : 7 à 1.


N'ayant pas les talents de Nelson Monfort, je ne vais pas être en mesure de vous raconter le match en détail. Je peux vous dire que ce fut long... très long... trop long ! Mais alors, ne connaissant que les règles de base, je serais bien en peine de vous expliquer tous les rebondissements de ce match passionnant et plein de suspense... ou pas !

En revanche, parce que ça vaut le détour, petite description de l'ambiance qui règne dans un stade de base-ball lors d'un match comme celui-ci :

1° C'est bruyant. Très bruyant. On a l'impression que les gens viennent dans les gradins davantage pour papoter allègrement que pour soutenir leur équipe ou regarder attentivement le match. Les cris et les rires se superposent à une musique de supermarché diffusée à fond les ballons.

2° Ca bouffe. Ca bouffe beaucoup. Etonnamment d'ailleurs, quand on voit les prix prohibitifs des barquettes de frites, hot-dogs, hamburgers...
3° Ca boit aussi beaucoup. Avec bobonne et les enfants ou bien entre copains, qu'importe, ces messieurs picolent. Ca sent la bière, ça rigole fort, ça vous fonce dessus complètement éméché... Ca s'amuse à sa façon quoi !

4° C'est un grand moment de patriotisme. Au début du match, deux hélicos de l'armée survolent le stade. L'hymne américain retentit à plein tube. On commence à être habitué, alors cette fois, on se fige immédiatement et on met la main sur le coeur, tout en faisant semblant de chanter.


5° C'est un grand moment de tartignolerie. Etant donné que la plus grande partie du match se déroule dans un même coin, le coin opposé est occupé par un écran géant diffusant en boucle des images des mascottes des équipes, des interviews bidon de supporters, des portraits et vies détaillées des joueurs ayant la balle au moment X, la course de 4 bonhommes avec des têtes géantes de Washington, Jefferson, Teddy Roosevelt et Lincoln pendant les arrêts de jeux...



En une phrase : même si je n'ai pas été conquise par le match en lui-même donc, je ne regrette pas d'y être allée, d'avoir vu "ce que c'était"...

Page "Evènements culturels"

Le WE dernier s'est tenue à Washington la 10ème Book Fest de Washington, sur le Mall et sous le haut-patronage de Mr & Mrs Obama.

Explication : une multitude de tentes blanches, sur les pelouses au pied du Capitole, mettant à l'honneur quelques grands auteurs étrangers et américains, biographes, poètes, romanciers, historiens, gagnants du Prix Pulitzer ou pas... ainsi que les grandes sorties littéraires de l'année, Etat par Etat, dans le Pavillon des Etats. Une occasion supplémentaire d'accumuler des livres donc, de les faire dédicacer, et de se faire offrir tout un tas de produits émanant de chaque Etat essayant de vous courtiser.

Je m'y suis rendue avec Connie, la Chilienne. En bonnes fans d'Isabel Allende, nous avons assisté à la conférence/interview d'1h qu'elle a donnée. Déception... Je ne sais pas si elle a oublié que c'était ses lecteurs qui lui permettaient de vivre, mais en tout cas, elle fait comme si. Très sûre d'elle et de son talent, très distante et hautaine avec ses lecteurs, à part "Moi je...", elle n'avait pas grand-chose d'intéressant à raconter. Je lui ai fait me signer "La casa de los espiritus" mais j'aurais pu tout aussi bien lui mettre le dernier numéro de Glamour sous le nez, elle n'aurait pas remarqué, tant elle signait de façon mécanique, froide, industrielle.


Enfin, résultat des courses : je n'ai pas perdu ma journée puisque je suis rentrée aux dorms avec une immense affiche de la Book Fest, 4 ou 5 marques-pages, des autocollants "I love NYC" ou bien avec des jolis dessins d'oiseaux, 6 ou 7 crayons du Nebraska, de l'Arkansas, un CD de musique folk de Floride, un thermos "Make waves at your library", des pin's du Dakota du Sud et du Mississippi... Bref, tout un tas d'objets publicitaires kistchouilles mais que j'aime bien...

:-)

Page "Mode"

Pas de panique, je vais pas me transformer en rédactrice d'Elle. Je voulais juste caser 3 constatations sur les tendances du moment aux States...
1° Les garçons ici sont TOUS épais. Ils prennent tous des protéines dans leur biberon depuis leur naissance je pense. Quand on va dans des appartements d'Américains, que ce soit à Baltimore ou à DC, on voit partout des espèces d'immenses boîtes de conserve qui sont en fait des protéines. Je ne sais pas si c'est pour se conformer à une certaine idée de la beauté ou de la sexytude, mais résultat : ils ne sont pas très grands, ni vraiment trapus, mais alors ils ont tous des torses épais, des cous de boeufs, des trapèzes balaises, et des gros bras et avant-bras qu'on dirait contractés en permanence... Ici, les maigrichons ou les gars fins ne font pas vraiment fureur.
2° Les bracelets en cahoutchouc. LA grande tendance du moment côté filles, c'est le port de bracelets qui ressemblent à de vulgaires élastiques en cahoutchouc, bleus, verts, roses, fluos, oranges... et qui, ôtés et posés sur une table, représentent quelque chose : une chaussure à talon, un pot de fleur, un éléphant, un coeur... C'est teeeeellement moche et inutile ! Pourtant, ils ont l'air fier de leur trouvaille : TOUTES les filles en portent, par dizaines ou par 1 ou 2... Personne leur a dit qu'il fallait mieux suivre les idées européennes en matière de mode...

Page "Gastronomie - Restaurants"

Mes 3 dernières découvertes culinaires géniales du moment, c'est :

1° Le clerico. Merci Flavia ! Je ne sais pas si tu connais Nina, si tu as déjà goûté Lucile, mais alors c'est BON. Explication : le clerico, c'est typiquement argentin d'après ce que m'a expliqué Flavia. C'est un peu comme la sangria, mais en blanc... On prend un délicieux vin blanc argentin, et on laisse mariner des fruits coupés (bananes, pommes, fraises, kiwis, melon...) dedans pendant une heure ou deux. Le résultat est délicieux !

2° La nourriture coréenne. Et oui ! Pour rappel, je partage ma chambre avec Hyuna (prononcer le h aspiré - iiiii - o - na), une adorable Coréenne originaire de Séoul. Parce quand elle cuisine, ça a toujours l'air délicieux, Marine, Mathilde et moi lui avions demandé de nous mijoter quelque chose un soir. Et elle l'a fait ! Elle y passé l'après-midi et quand nous sommes rentrées de cours, un vrai dîner coréen entièrement fait maison nous attendait. Des boules de riz gluant renfermant du kimchi, (une espèce de chou rouge un peu fort qu'on ne trouve qu'en Asie de l'est d'après ce qu'elle m'a dit) et roulées dans des brocolis hâchés, des carottes réduites en purée, du jaune d'oeuf dur ou des algues, l'histoire de leur donner une couleur verte, orange, jaune ou vert foncé complètement naturelle. Des steaks de tofu, soja, farine, petits oignons, oeufs, eau, sel, grillés à la poêle. Bref, des papilles agréablement émoustillées à la fin du repas, et une affirmation : la cuisine coréenne n'a rien à voir avec la cuisine chinoise ni avec la cuisine japonaise !

3° Le ice-cream sandwich. Vous vous en douterez au nom, ça c'est un fat dessert. Vous pourrez également deviner qui a apporté ça quand on a fait un dîner aux dorms : Trevor. Le principe : deux gros cookies aux pépites de chocolat, entre lesquels se trouve une glace à la vanille elle-même cerclée de pépites de chocolat. C'est gros, écoeurant, pas vraiment raffiné, absolument pas diététique, mais c'est pas mauvais non plus à petite dose. Et puis, c'est typiquement américain, alors il fallait bien qu'on goûte... En tout cas, Trevor était tout fier de nous avoir fait partager sa "gastronomie" à lui.

Page "Cinéma"

Pour les cinéphiles, passage en revue rapide de mes dernières découvertes de petits bijoux cinématographiques.

- All That Heaven Allows / Tout ce que le ciel permet
Une vieillerie de Douglas Sirk (1955) avec Jane Wyman et Rock Hudson. Pourquoi le (re)voir ? 1° Parce que Rock Hudson. 2° Parce que Rock Hudson (il compte pour deux, vraiment...). 3° Parce que même si ce mélo paraît un peu dépassé aujourd'hui, à l'époque, l'histoire était révolutionnaire, socialement parlant. 4° Parce que c'est le film qui a inspiré le remake Loin du paradis, avec Julianne Moore, en 2002. 5° Parce que les paysages d'hiver hollywoodiens valent le détour. 6° Parce que les scènes avec le daim sont à mourir de rire.

- 12 Angry Men / 12 Hommes en colère
Une autre vieillerie (1957), de Sidney Lumet cette fois, avec Henry Fonda. Pourquoi le (re)voir ? 1° Pour le charme du noir & blanc. 2° Pour le charme d'Henry Fonda. 3° Parce que pour le coup, ce n'est pas un film cucul du tout ; en témoigne d'emblée le fait qu'AUCUNE femme n'apparaît dans le film. 4° Parce que le fait qu'il est quasiment filmé en temps réel et dans une unique pièce, comme dans La Corde d'Hitchcock, lui donne un petit côté plus théâtral que cinématographique.

- Little Town of Bethlehem
Un film-documentaire de Jim Hanon récent pour le coup, tellement récent que j'ai été à l'avant-première à Georgetown University, dans le cadre de mon cours sur le conflit israélo-palestinien. Pourquoi foncer le voir quand il sortira dans les salles ? 1° Parce qu'il est magnifiquement filmé et que les scènes de rue, d'aube et de crépuscule, sur la petite ville de Bethlehem pourtant délabrée sont envoûtantes. 2° Parce que contrairement aux média, qui se plaisent à véhiculer en permanence des images de violence, de représailles perpétuelles, etc. ce film met en lumière le fait qu'il existe aussi des mouvements non-violents croissants en Palestine ; non-affiliés à aucun parti politique, ni aucune religion, ni aucune organisation, ni aucune nationalité... 3° Parce qu'on n'en ressort pas indemne ; à la fois choqué mais à nouveau plein d'espoir d'amélioration dans cette région du monde. 4° Parce que la musique hébraïque et arabe qui accompagne tout le film est superbe.

Rien que pour toi Angèle... L'université de Georgetown.

- The Manchurian Candidate

2 versions : une de 1962, une de 2004. Je n'ai vu que des extraits de la première. J'ai vu la deuxième en intégralité. Pourquoi les voir ? 1° Parce que Meryl Streep et Denzel Washington dans la deuxième version. 2° Parce que la perception diabolisée des communistes dans la première version est aujourd'hui bien risible. 3° Parce que les deux versions sont révélatrices des paranoids qui envahissent de temps en temps la scène politique américaine depuis la fin du XVIII° siècle : ces espèces de croyances extrêmes en la théorie d'un complot généralisé à l'échelle du monde pour détruire la démocratie américaine et ses valeurs ; le meilleur exemple étant bien sûr le maccarthysme.



Voilà ! C'est là que s'achève la Gazette de Washington. J'espère que vous êtes contents... A bientôt. Bisous à tous.