mardi 9 novembre 2010

New York I love U - 1/3

Vendredi, 7h15 : Départ en bus de Chinatown à DC pour Marine, Flavia et moi. Direction => NYC pour 3 jours. Etat d'esprit : mélange de grosse fatigue et d'excitation.
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11h : Je me réveille, sans doute inconsciemment à cause de la skyline de NYC qu'on aperçoit désormais par la fenêtre... Etat d'esprit : pourquoi Manhattan a l'air d'une si petite île sur une carte alors qu'en vrai, il me semble observer un alignement de grattes-ciels sur des km ?... On passe dans un tunnel sous l'Hudson, et on ré-émerge en pleine jungle urbaine. Des grattes-ciels partout partout partout... Mais contrairement à Dubai, pas que du verre et de l'acier : de la pierre, de la brique, des vieux, des beaux, des moches...
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11h15 : Arrivée du bus à Penn Station. On ne perd pas de temps ; on s'engouffre dans la bouche de métro la plus proche. Direction : l'Upper West Side (à l'ouest de Central Park), où se trouve notre auberge et où l'on doit retrouver Marie, une amie de Pipo venue de Montréal.

12h30 : Découverte de ladite auberge de jeunesse qui, à première vue, ne détrône pas Padoue et Barcelone aux deux dernières places de mon classement personnel (pas de moucherons collés sur les murs dans la douche ; pas de cafards sur les oreillers). Bonne nouvelle donc ! Autre bonne nouvelle : nous sommes à très exactement 1 minute à pied d'une bouche de métro (96th St sur la rouge)... Maintenant que je réalise le gigantisme de NYC, ceci apparaît comme un élément capital ! Le temps de poser les valises, de faire le check-in, de cueillir Marie que je n'ai pas vue depuis mon voyage à Prague avec elle cet été, et c'est reparti !...

1ère étape : MANGER ! Flavia connaissant déjà très bien NYC, elle tient absolument à nous emmener dans un quartier qu'elle aime beaucoup : Chelsea ! C'est parti donc ! Suivez le guide !

Chelsea se trouve à l'ouest de Manhattan, le long de l'Hudson River. Plein de théâtres, de bars, de restaurants et de magasins, Chelsea respire paraît-il le dynamisme (malheureusement, le temps de m**** à notre arrivée n'incite pas tellement les gens à traîner dans la rue... Pluie + froid = pas un chat dehors). Vieux quartier d'entrepôts, il est aujourd'hui en pleine réhabilitation / restructuration et devient l'endroit branchouille affectionné de la communauté gay de NYC.

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Pour ce déjeuner tardif, Flavia nous fait entrer dans ces anciennes halles en briques reconverties en marché couvert, le Chelsea Market. A l'intérieur, une multitude de petits restos / snacks / boulangeries tous plus apétissants les uns que les autres, où viennent déjeuner des touristes, mais aussi les hommes d'affaires et les businesswomen qui bossent dans le quartier. Après avoir bien regardé les étals et les prix, j'opte avec Flavia pour un sandwich mozza/légumes du soleil. C'est délicieux ! C'est la première fois depuis mon arrivée aux Etats-Unis que je mange de la VRAIE mozzarella italienne, qui a du goût et qui ne ressemble pas à du plastique, ainsi que de bons légumes dignes du marché d'Aix.
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En dessert, Flavia nous traîne (plus exactement, on se laisse volontiers faire...) chez Fat Witch qui est, selon je ne sais combien de guides et de journaux, LE meilleur fabriquant de brownies à NYC ! Bon, je ne sais pas si c'est le meilleur que j'ai jamais mangé (Popi, il n'a pas détrôné celui que tu avais acheté un jour sur l'île Saint-Louis dans une petite boulangerie...)... mais c'est certain qu'il n'est pas mauvais !
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Pour ceux/celles qui ne les connaîtraient pas encore : de g. à d., Flavia, Marie, Marine.
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Maintenant qu'on a la panse bien remplie, la visite peut continuer/commencer. Flavia continue de nous faire partager sa passion pour Chelsea en nous faisant prendre un ascenseur dans une rue qui nous hisse sur la highline, ces anciennes voies ferrées désaffectées en hauteur, qui ont été ré-aménagées en une promenade aérienne le long de l'Hudson. C'est superbe et rudement bien fait ! D'une part, la réutilisation des rails pour supporter des transats roulants en bois est ingénieuse. D'autre part, le côté "en hauteur" de la highline nous offre une vue dégagée sur pas mal de rues et sur Hoboken, de l'autre côté de l'Hudson. Jugez plutôt !...
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Redescendues sur la terre ferme, nous décidons de nous diriger vers la pointe sud de Manhattan, via la promenade au bord de l'Hudson. On longe ainsi la fin de Chelsea, West Village et enfin, Tribeca.
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A un moment donné, je m'avance à l'extrémité d'un dock pour avoir un peu de recul sur la pointe de Manhattan que nous visons. Ca donne ça...
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Sur ce même dock, dans un éclair de génie, Marine a pensé à prendre en photo la statue de la Liberté qu'on voit dans une lunette. Malgré le copyright, je me permets de lui piquer la photo en question, que je trouve assez chouette...
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Le temps a beau être moche, il règne une lumière étrange qui rend le panorama presque surréaliste...
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2ème étape : la visite du Financial District donc. Promenade au milieu des buildings gigantesques. Tête renversée en permanence à se donner la migraine. Visions étranges de vieilles églises esquichées ("serrées" pour les non-Provençaux) au milieu de grands édifices comportant des dizaines d'étages. Là encore, je vous laisse juger par vous-mêmes...
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Coup de coeur pour celui-ci, assez vieux j'imagine...
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Finalement, c'est presque par hasard qu'on arrive le long de grillages entourant un vaste terrain vague dont on apprend qu'il s'agit de Ground Zero. Un brouhaha de grues et de marteaux-piqueurs. De la terre retournée. Des casques de chantiers.
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Un cop charitable nous explique comment faire pour avoir une vue plus globale des dégâts causés par le 11 septembre 2001 : pénétrer dans le World Financial Center, grimper à l'étage et se caler derrière les baies vitrées. Pour le coup, l'édifice en question ressemble beaucoup au DIFC Maman. C'est très beau !
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Voilà ce qu'on observe de derrière les vitres :
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L'énorme trou laissé par le rasage des Twin Towers... Manhattan qui m'impressionne par la densité de son architecture depuis mon arrivée apparaît soudainement comme béante. Le sentiment que j'avais qu'aucun cm² n'était perdu sur cette île n'est plus valable... Ca fait bizarre : de réaliser la surface que devaient représenter les tours jumelles, de réaliser que vu qu'elles étaient plus hautes que celles qui restent debout tout autour du terrain vague, elles devaient être sacrément pleines au moment des attentats... Ca fait froid dans le dos...
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Ressorties du WFC, nous continuons d'errer dans le Financial District, en direction de l'est cette fois... Au gré de nos déambulations, nous arrivons par un petit escalier un peu dissimulé dans le cimetière de Trinity Church, une petite église new-yorkaise assez vieille d'après ce que j'ai compris, puisqu'elle renferme quelques tombes du 18th siècle.
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Encore une fois, la juxtaposition d'arbres, de pierres tombales effacées et émoussées, au pied de flèches de verre et d'acier est étrange, inédite.
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La promenade continue : nous traversons Wall Street. Finalement, elle s'avère être une rue du Financial District comme les autres. Nous passons devant le New York Stock Exchange, la Bourse, abritée par un bâtiment néoclassique flanqué de colonnes pseudo-antiques as usual. Nous voyons aussi l'Euronext, plus moderne pour le coup, architecturalement parlant.
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Et nous nous engageons sur Broadway, dont Marine (qui connaissait aussi déjà NYC by the way) m'apprend qu'elle est en fait une très très longue avenue coupant obliquement le quadrillage régulier autrement formé par les rues de Manhattan. A cette hauteur-là, pas encore de musicals, mais déjà, des boutiques à gogo et des trottoirs noirs de monde...
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Marie et Flavia nous quittent au bout d'un petit moment, pour cause de jambes douloureuses, suite aux centaines de calories que nous venons vraisemblablement de brûler. Marine et moi entreprenons alors de remonter 7th Avenue, aussi appelé Fashion Avenue sur une certaine portion, en raison du nombre de magasins qui s'y trouvent.
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Pas loin de Madison Square Garden se trouve Macy's, "le plus grand magasin au monde" comme l'indiquent d'immenses lettres sur la façade. Equivalent des Galeries Lafayette dans les prix et dans l'esprit, je dois reconnaître que malgré mon amour naissant pour NYC, c'est un peu moins joli à l'intérieur. Seul truc historico-rigolo : à partir du 3ème étage, les escalators sont d'origine... c'est-à-dire en bois !!! Je n'avais jamais vu ça, c'est amusant...
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[Bon, là, JE ME DOIS de faire une parenthèse "luciolesque" pour vous informer du fait que j'ai trouvé les bottes de ma vie, trop trop jolies, avec lesquelles je veux être enterrée ! En cuir d'un beau marron (vraiment très très beau le marron !), d'une forme très Jacky Kennedy si j'en crois Marine (merci Thomas et Mathilde, je crois que ce surnom survivra à la 3A !), plates mais ultra-élégantes, qui vont parfaitement avec du noir comme du jean, une jupe comme un jean, JE LES ZAIMEUH !!! Fin de la parenthèse !]
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20h : épuisées par tant de marche, de piétinement, de lumières nocturnes, de monde, il est temps pour Marine et moi de rentrer à l'auberge se doucher et s'asseoir un moment avant de ressortir dîner.
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21h30 : Marie, Marine et moi nous asseyons enfin à la table d'un tout petit resto thaï (Tue) mignon comme tout dans Greenwich Village. Régal de tofu/riz/légumes au curry.
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22h30 : A une rue de là, soulagée par le fait que mes deux acolytes ont réussi à tromper la vigilance du videur avec leurs photocopies truquées de passeports indiquant qu'elles ont bien 21 ans, j'entre dans un bar à blues (Terra Blues). Musique exceptionnelle. Ambiance mélancolique. Quatuor de musiciens transpirants et talentueux (Michael Powers au programme ce soir-là). Dégustation d'une petite bière en écoutant un moment. Parenthèse désagréable quinquagénaire-bourré-dégueulasse-pervers-recherchant-étudiante(s)-pour-me-changer-les-idées-ce-soir. Mais super idée de Marie en fin de compte !
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Heure indéterminée : retour à l'auberge en ayant manqué de s'endormir toutes les trois dans le métro. Dodo comme des masses dans une chambre de 6 avec pour compagnons dans les 2 lits restants... devinez... si si... des Chinois !!! Et réveil de la chambrée en sursaut au milieu de la nuit avec ce que l'on croit être un rat qui mordille/se cogne/se tape la tête/circule dans/sur/contre les tuyauteries de la chambre... Géniale première journée donc... Nuit à parfaire...

jeudi 4 novembre 2010

Dernier inventaire avant liquidation

Pourquoi ? Parce que je pars demain à New-York pour 3 jours, et que je voulais vous raconter les derniers « évènements » à Washington avant ça... C'est parti pour...
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La Gazette de DC – N°4
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Page « Politique »
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Deux évènements importants en politique cette dernière semaine...
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D'une part, le « Rally to restore sanity ».
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Organisé en réaction contre le grand meeting du « Tea Party » dont je vous avais déjà parlé au tout début de mon arrivée ici, ce rally avait pour vocation à faire s'exprimer les Américains modérés, ceux que l'on entend rarement, et de prouver que d'un point de vue numérique, cette partie « saine » de la population dépasse largement les franges extrémistes, droite et gauche confondues. Deuxième objectif : montrer à ces mêmes franges extrémistes que leurs campagnes basées sur l'instrumentalisation de la peur (peur de la récession, peur du chômage, peur des immigrés, peur des gays, peur du terrorisme...) est et restera stérile. Enfin, dernier objectif : montrer que les divergences d'opinion sont possibles au pays de la liberté d'expression, mais qu'elles doivent être exprimées dans la courtoisie, le respect mutuel, et pas via des slogans ou des manif' racistes, intégristes, etc.
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Eh bien pari réussi ! Selon le Los Angeles Times, le rally aurait rassemblé aux alentours de 2 millions de personnes (c'est autre chose que les manif' contre la réforme des retraites à Marseille !...) venus du Minnesota, de Pennsylvanie, du Dakota et même de Californie pour l'occasion. Un vrai Woodstock, la nudité et les drogues en moins ! Et j'y étais ! Une petite souris incapable de lever un bras, serrée au milieu de cette foule compacte... mais disciplinée (contrairement à ce à quoi on peut assister en France en des occasions similaires) ! Au bout du Mall, au pied de Capitole Hill, une immense scène était dressée. De part et d'autre, à intervalles réguliers, des écrans et des micros pour la retransmission...
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Le spectacle n'avait rien de très novateur dans le fond politiquement parlant. Il s'agissait plus d'une prestation assez drôle de Jon Stewart, l'instigateur du Rally et présentateur du très regardé « Daily Show » américain, et Stephen Colbert, présentateur également très apprécié du « Colbert Report ». Tous deux se sont livrés à une satire mordante des politiciens et des médias instrumentalisant la peur (Fox News revenant régulièrement sur les panneaux des manifestants). Même si aucun politique démocrate n'était officiellement présent et si le Rally était ouvert aux Américains de tous bords, les deux protagonistes cachaient mal leur soutien au camp démocrate, à trois jours à peine des élections de mi-mandat. Cependant, pressentant sans doute l'issue du scrutin de mardi dernier, Jon Stewart a conclu son discours en appelant au « bipartisme ».
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Du point de vue de l'ambiance, en plus des saynètes de Stewart et Colbert assez bien trouvées, c'était assez drôle. D'une part, certains Américains avaient été très inspirés en écrivant leurs panneaux : « What exactly are they putting in that tea ? », « Screw tea ; America ! Join the beer party ! », « Pee party ; fear lies hatred », « Church and state need to get a divorce », « Socialism ? Let me get my dictionary... », « The Consitution is a living document ; let it evolve ! » and so on. D'autre part, étant donné que c'était le week-end d'Halloween, beaucoup de gens étaient déguisés : grappes de raisin, Charlie (de « Où est Charlie ? », sauf qu'ici, c'est « Where is Waldo ? »), Elvis Presley, superhéros, etc.
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D'autre part, les midterm elections déjà évoquées.
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Pour ceux qui n'auraient pas suivi l'actualité, mardi dernier, les Américains étaient en effet appelés aux urnes pour renouveler la moitié des sénateurs, des représentants et des gouverneurs, comme le prévoit la Constitution. Deux ans après l'élection d'Obama et la consécration des Démocrates dans les deux chambres, ces élections intervenaient comme un baromètre de l'opinion publique quant aux réformes menées jusqu'à présent et un moyen d'encourager/de sanctionner la politique d'Obama.
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A cette occasion, je suis donc allée mardi soir au Marvin Center, où l'administration de l'université avait préparé deux amphis côte à côte pour accueillir les jeunes Démocrates et les jeunes Républicains. D'un côté CNN, de l'autre Fox News. D'un côté, des jeunes gens normaux. De l'autre, des roux boutonneux en-cravatés (oui, bon, je caricature un tout p'tit peu...) et les copains de Brett. Même si j'ai piqué un tee-shirt « Jeune Républicain » pour faire de la peinture ou arracher du papier peint, inutile de vous dire dans quel amphi je me suis rendue. [J'en voulais un "Jeune Démocrate", mais ils étaient déjà tous partis...] Malgré la prévisibilité des résultats, un grand enthousiasme teinté de déception perceptible chez les jeunes Démocrates.
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La nouvelle répartition des sièges au sein de la Chambre des Représentants était sans suspense. Pour détenir la majorité à la Chambre, 218 sièges sont nécessaires ; les Républicains en ont obtenu 239. Les Démocrates quant à eux sont passés de 255 sièges à 187 sièges. Sacrée déculottée donc !
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Quant au Sénat, même si CNN donnait les Démocrates gagnants depuis quelques jours, cela devait se jouer à un cheveu. Ça a été le cas ! Étant donné la position des fuseaux horaires, les résultats définitifs devaient parvenir très tard à Washington, puisque les Américains d'Hawaï et d'Alaska devaient encore voter. Et jusqu'au bout, un grand suspense ! Le Nevada, l'un des swing states de ces élections, dont les derniers bulletins pouvaient faire pencher la balance dans un sens ou dans l'autre, n'a rien trouvé de mieux à faire que d'avoir une coupure d'électricité générale au moment de la fermeture des bureaux de vote et du dépouillement. Après avoir vibré pendant 2h devant les « projections » de CNN, je suis allée me coucher, pour découvrir avec joie le lendemain matin que les Démocrates gardaient finalement le contrôle du Sénat. En ne perdant que 6 sièges, ils conservent une petite majorité sur les 101 sièges constitutifs du Sénat. Toute la côte ouest (Washington, Oregon, Californie, Nevada) ainsi que la majorité du nord de la côte est ont réaffirmé leur soutien au parti du p'tit âne.
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Parmi les quelques surprises de ces élections :
- la Virginie Occidentale, l'un des états américains les plus « arriérés » parce que républicain depuis sa création, ultra-conservateur et religieux, tombe pour la première fois de l'histoire aux mains des Démocrates. Comme l'a dit Erin, une copine américaine : tout espoir n'est pas perdu pour ceux que Trevor appelle les « wife-beaters ».
- le Delaware ne tombe fort heureusement pas dans les griffes républicaines de Christine O'Donnell, l'équivalent flippant de la Sarah Palin version East Coast.
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Quant aux gouverneurs, incarnations locales du pouvoir exécutif, ils étaient aussi réélus pour moitié mardi dernier. Reflétant assez bien les résultats de la Chambre des Représentants, à ce jour on compte 29 Républicains, 16 Démocrates, 1 indépendant (les 4 derniers sont toujours à déterminer). Détail méritant quand même d'être souligné : c'est la fin de l'ère Schwarzi en Californie ; les Démocrates font leur come-back.
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Enfin, parce que c'est assez cocasse, le détail morbide drôlissime de ces midterm elections : l'élection en Californie d'une représentante... morte ! En effet, dans une circonscription, les habitants ont majoritairement voté pour une candidate démocrate quinquagénaire qui est tristement décédée il y a dix jours, des suites d'une longue maladie. Imbécilité des votants me direz-vous ? Incompétence des autorités organisant les élections ? Non ! Génial coup médiatique de la part des Démocrates. Si ceux-ci avaient fait tout un tapage autour de son décès il y a dix jours, ils auraient du présenter un remplaçant dans l'urgence, méconnu des locaux, et donc peut-être moins populaire que le candidat républicain d'en face. Or, là, avec l'incident créé APRES les élections, Schwarzenegger s'est vu obligé de réorganiser des élections dans ladite constituency dans 4 mois... L'occasion pour les Démocrates de mener une vraie campagne en faveur de leur nouveau candidat.
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Bref, un scrutin intéressant, l'évènement politique de l'année même ! Malgré les résultats mitigés des Démocrates, comme le soulignait un jeune Républicain que Mathilde a interviewé, ces élections ont du positif. Elles vont donner lieu à une sorte de « cohabitation », des compromis obligés et permanents entre les deux chambres, ainsi qu'à un coup de pied aux fesses d'Obama, pour l'inciter à tenir ses promesses d'avant 2008.
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Page « Gastronomie-Restaurants »
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1) Je vous avais dit que je vous tiendrai au courant du goût du pumpkin butter. Il s'avère que ce mélange de potiron, de miel et de sucre avec un zeste de citron n'est pas mauvais du tout !
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2) Ma dernière découverte en matière de "gastronomie de mes colocs", c'est celle du shortbread qu'a fait Charlotte un soir. Techniquement, le shortbread est écossais. Fait de beurre, de sucre et de farine UNIQUEMENT, c'est complètement bourratif/étouffe-chrétien/stodgy, absolument pas fin, sans goût ! Pas indispensable donc...
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3) C'est avec joie que je me suis remise à la rootbeer qui, malgré son suffixe n'a rien d'alcoolisé. A l'origine médicinale, faite de racines, la rootbeer est aujourd'hui une sorte de soda toujours un peu plus (à peine) « bio » que les autres sodas... Il en existe des centaines de variétés : des claires, des foncées, des très sucrées, des très gazeuses, des presque plates, des un peu amères... Mais j'aime bien ça !
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4) Enfin, à l'occasion de l'anniversaire d'Erin (une Américaine donc), je me suis rendue à Kramerbooks & Afterwords Café. Le concept ? Une librairie couplée en café/resto/salon de thé. Des pâtisseries délicieuses, une douce agitation, une odeur de papier mêlée de chocolat chaud, des livres aux couvertures attrayantes du sol au plafond... Un Procope moderne à ne manquer sous aucun prétexte donc !
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Eve, Marine et moi
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Moi, Erin (une Américaine de Philadelphie), Erica (une Hollandaise de Curaçao), une autre Américaine que je ne connais pas, Ximena (une Uruguayenne), Mathilde, Flavia, Eve et la pauvre Marine coupée par la serveuse...
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Page « Traditions »
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Comme je vous l'ai déjà signalé, ce week-end, c'était donc Halloween, une fête majeure aux États-Unis. Malgré son origine, Halloween n'est en rien l'équivalent de notre Fête des Morts ni de notre Toussaint ; c'est juste l'occasion de se déguiser, de faire la fête, et de manger encore plus mal que d'habitude... Ce serait plus l'équivalent du carnaval en fait.
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Résultat : contrairement à l'image de costumes sanglants/terrifiants/fantomatiques véhiculée par les films d'horreur, tout le monde est déguisé en tout et n'importe quoi. Une constante revient tout de même : TOUTES les filles sont slutty... Toutes portent des robes courtissimes et des décolletés plongeantissimes... La palme revient à une fille vue dans la rue (alors qu'on avoisine les 5°C le soir dehors), qui était déguisée comme Milla Jovovich dans « Le 5ème élément », c'est-à-dire quasiment nue avec quelques bandeaux blancs aux endroits stratégiques... Ce qui est vraiment drôle, c'est que tout le monde est déguisé, y compris dans l'administration publique par exemple, où j'ai serré la main aux Village People et à Spiderman en obtenant mon Code américain.
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Marine et moi avions décidé de jouer plus ou moins les Demoiselles de Rochefort version matelotes : elle était rousse, j'étais blonde. Nous avions des petits chapeaux de matelots. Elle portait une robe bleue et blanche. J'avais un short en jeans et une marinière. Nous avions mis du rouge à lèvre très rouge. Nous avions des sifflets. Malgré la sensation désagréable d'être habillées bien trop court, nous nous sommes vite rendues compte du fait que nous étions bien angéliques à côté des Américaines ! Mathilde avait opté pour un attirail de sexy cop ! Quant à Flavia, un peu hippie dans l'âme, elle s'était fabriqué une robe en sac poubelle assortie d'un chapeau en papier d'alu, qui m'ont rappelé des souvenirs de Sampans.
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Page « Cinéma »
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Mes deux dernières découvertes cinématographiques sur le conflit israélo-palestinien : Encounter Point et Budrus. Tous deux sont des films-documentaires, produits par l'organisation à but non-lucratif Just Vision, pour la promotion de la paix et de la non-violence au Proche-Orient.
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Encounter Point, sorti il y a à peu près deux ans, s'intéresse à une multitude de mouvements non-violents de plus en plus populaires dans la région. Parmi eux, une association à l'influence croissante de parents juifs et musulmans ayant perdu des enfants dans le conflit.
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Budrus, fraîchement projeté en salles, raconte l'histoire particulière d'un petit village palestinien des Territoires Occupés de la rive ouest du Jourdain, de 1500 habitants, vivant essentiellement de la culture des oliviers, et « condamné à mort » par la construction du Mur israélien impliquant le déracinement de ces mêmes oliviers. Après dix mois de manifestations quotidiennes non-violentes face aux forces armées israéliennes envoyées pour permettre aux bulldozers d'accomplir leur œuvre destructrice, et grâce à l'intelligence d'un professeur et d'un agriculteur locaux, le gouvernement israélien a annoncé sa décision de modifier le tracé du mur, ce qui a permis aux villageois de conserver leur agriculture, leur cimetière, leur terre. Ce qui a l'air d'une victoire minime sur les colons israéliens s'est en fait révélé être le signal déclencheur de manifestations non-violentes similaires dans un paquet d'autres villages de la rive ouest, remettant ainsi en cause l'existence même de ce « Mur de la Honte - 2ème édition".
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Bref, renseignez-vous et courez voir ces petits bijoux, surtout le deuxième ! Maman, je suis sûre que tu peux le trouver à Dubaï, sachant qu'il a déclenché une vaste polémique et a été primé au dernier Festival du Film International là-bas...
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Sur ce, je vous laisse. Spoiler du prochain épisode : NYC !!!!!!!!!!!!!!!!!

mardi 26 octobre 2010

Run Drag Queen, Run !...

La Gazette de DC - N°3
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Édito
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Voilà déjà plus de deux mois que je suis à Washington !
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- Deux mois que j'arpente les mêmes rues et que j'apprivoise peu à Foggy Bottom, Dupont Circle, Georgetown, le Mall, Capitole Hill...
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- Deux mois que j'ai pris l'habitude de siroter des grands cafés dans un thermos en travaillant à la bibli.
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- Deux mois que je prends le New York Times tous les matins dans le hall des dorms en me disant « je le lirai ce soir », puis « je le lirai demain », avant de finalement l'ajouter à la pile de journaux dans mon salon, sans avoir rien lu d'autre que la une (j'ai arrêté le Washington Post depuis que j'ai appris que c'était un journal à tendance Républicaine, ndlr).
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- Deux mois que je parle indifféremment anglais (passionnément), français (beaucoup), espagnol (un peu), arabe (pas du tout !).
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- Deux mois que je rencontre des gens aux nationalités peu courantes : Uruguay, Curaçao (Antilles néerlandaises), Palestine, Moldavie, etc.
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- Deux mois que je m'arrête toujours quand je vois un écureuil (ce qui se produit à peu près tous les 10m).
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- Deux mois que je pousse toujours des cris perçants chaque fois que je vois un rat (ce qui se produit maintenant en moyenne une fois par soir vu que le temps se rafraîchit).
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- Deux mois que je m'escrime toujours à faire mes heuuuuuures de readings pour chaque matière.
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- Deux mois que je ponds des essais sur tout et n'importe quoi.
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- Deux mois que j'observe et cherche à comprendre tout ce que je découvre ici... sans toujours y arriver...
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... parce que Washington n'est pas une ville comme les autres !
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(Wahouuuu !!!! C'est beauuuuuu !....)
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Page « Société »
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Ce que j'ai appris en deux mois ici, c'est que d'un point de vue fédéral, Washington correspond à une entité on ne peut plus complexe.
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En effet, la ville jouit d'un statut « bâtard », puisque le District of Columbia n'est pas un État fédéré considéré et comptabilisé comme les 50 autres États américains. Il n'est pas représenté au Sénat ; uniquement à la Chambre des Représentants, grâce à un unique représentant à valeur d'observateur. En outre, les habitants du District of Columbia n'ont le droit de voter aux présidentielles que depuis 1961. Ironiquement, ils sont quand même invités à payer des impôts à l'État fédéral.
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Cette situation quelque peu paradoxale est résumée dans la devise des plaques d'immatriculation de DC : « Taxation without representation ». Pour les malchanceux qui n'auraient pas eu le plaisir d'assister au cours du génial Philippe Boutry à Pipo en 1ère année : cette devise est un clin d'œil aux federalist papers parus en réaction contre le Stamp Act de 1765 - imposé par l'occupant anglais – et qui clamaient au contraire : « No taxation without representation ». Comme quoi, les Américains ont le sens de l'auto-dérision...
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Ce que j'ai appris en deux mois ici, c'est qu'on peut difficilement faire plus international que Washington.
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C'est évidemment la résidence principale/secondaire des représentants, des sénateurs, des administrateurs d'État, des officiers haut-gradés américains... Mais c'est aussi et avant tout le siège de tant de lobbies internationaux, de think-tanks, d'ONG, du FMI et de la Banque Mondiale pour ne citer qu'eux. Washington est donc largement une ville peuplée de « citoyens du monde ».
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Ceci ne se manifeste pas qu'à coups de grattes-ciels et de logos connus ; cela transparaît aussi dans l'existence de quartiers vietnamien, latino, chinois, éthiopien... ainsi que dans la représentation d'un nombre incroyable de cuisines du monde. (Trois restaurants polonais rien qu'à DC !) Je pense qu'à ce niveau-là, même Dubaï ne rivalise pas, parce qu'elle garde malgré tout ce côté « arabe », et hiérarchise la diversité des nationalités qu'elle abrite, contrairement à DC.
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Ce que j'ai appris en deux mois ici, c'est qu'on n'est pas obligé d'aller dans un pays du « Sud » pour voir se côtoyer misère noire et richesse tapageuse.
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Washington est une ville de contraste, brutal, frappant, indécent même. Entre les quartiers aux maisons coloniales telles celles que j'ai longées l'autre jour près de Massachussetts Avenue, et les ghettos de Noirs, dangereux et insalubres tels ceux qu'on trouve à Anacostia et où l'on m'a défendu de me rendre, rien ! Pas de classes moyennes !
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Les employés de bureaux, les petites professions libérales, les petits commerçants... Tout ce monde-là vit au bout des lignes de métro : dans le Maryland ou en Virginie. Depuis les années 1950/60, la gentrification n'a cessé de drainer ces gens-là vers les banlieues verdoyantes et aux taxes immobilières plus supportables que dans le centre-ville, alors en plein boom économique et architectural. Le rêve américain du John Doe en chemise aux manches retroussées qui passe la tondeuse sur son carré d'herbe pendant que sa p'tite femme enfourne une tarte aux pommes dans une cuisine rutilante et bien équipée, en robe digne d'Ava Gardner et talons aiguilles, est devenu la triste réalité. Cf. "Desperate Housewives" pour les connaisseuses !
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D'où l'absence de ménages « moyens » à Washington aujourd'hui, et cette ségrégation sociale (voire raciale) choquante. Quand vous vous promenez derrière Capitole Hill, entre la 14th et la 15th rue précisément, vous passez subitement d'une zone résidentielle paisible aux jardins proprets à un quartier malfamé où l'espérance de vie d'une jeune blanche solitaire est assez compromise (dixit Trevor).
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Quant aux nombreux homeless qui mendient et dorment sur les trottoirs à Georgetown ou Foggy Bottom, ce qui nous a frappées Marine et moi en arrivant ici, c'est qu'ils sont TOUS noirs (je n'ai jamais vu de clochard blanc depuis mon arrivée !), et cumulent bien souvent handicaps physique et mental...
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Ceci me permettant d'embrayer sur...
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Le roman-feuilleton de la semaine
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Lucile, tu parlais dans un article de cette espèce de ghetto de riches dans les faubourgs de Buenos Aires où tu avais été goûter, et du sentiment de gêne voire d'écœurement qui en avait découlé. J'ai expérimenté à peu près la même chose dimanche soir...
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J'étais invitée à dîner avec Hyuna chez un ami américain qu'elle s'est fait ici, dans un immeuble début XX°, face à la Maison Blanche, avec petits buis et canapés en osier sur roof-top au 12ème étage et lobby embaumant les orchidées au rez-de-chaussée. Brett est né à Chicago, il est le fils de deux avocats internationaux. Brett a grandi entre Los Angeles, Miami, Boston. Brett vit dans une bulle. Brett dépense $120 de lasagnes et nourriture thaï au marché couvert de Georgetown quand il veut manger « vite fait » parce qu'il est à la veille d'un midterm exam et qu'il doit réviser. Brett dépense $80 de chocolats chez Godiva parce qu'il a un p'tit creux et que c'est l'heure du goûter. Brett voyage uniquement en première classe. Sur un coup de tête, Brett achète à Hyuna un foulard en soie bleue importé de Paris parce qu'il « aimait bien la couleur ».
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Malgré ce, Brett a une vie difficile : Brett ne sait pas ce qu'il veut faire plus tard. Brett est blasé. Il n'aime aucune des villes qu'il a habitées. New York n'est pas sa tasse de thé ; la Floride non plus. C'est pour ça qu'après son année de freshman, Papa et Maman lui ont payé une année sabbatique, l'histoire qu'il aille passer 5 mois à Séoul et 5 mois à Paris (dans le Marais), l'histoire qu'il s'ouvre au monde, qu'il prenne son temps pour réfléchir, et surtout, qu'il traîne dans des cafés et des maisons de thé. Attention ! Brett n'a pas travaillé cette année-là, ni même pris des cours de langues. Mais le bon point dans tout ça, c'est que Brett en a appris plus sur Paris que moi en 3 ans là-bas. Du coup, Brett peut décréter la tête haute que : « La vie à Paris n'est pas stressante du tout... Oui, il y a le boulot/les études, c'est sûr, mais quand tu as fini le soir, paf, tu descends manger dans une brasserie de Saint-Germain, et puis tu sirotes un Château-Margaux avec les copains... Ça va quoi ! »
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Bref, Brett a manqué de paires de claques dans sa jeunesse. Brett ferait mieux de partir en Érythrée ou au Bangladesh, la prochaine fois qu'il veut « se donner du temps pour réfléchir »... En bas de l'immeuble de Brett, il y a des sans-abris qui commencent à grelotter la nuit en cette fin d'octobre. Mais le plus drôle dans tout ça, c'est que Brett a assez d'aplomb pour me dire que j'ai « l'air typiquement française... Bien sapée, bien élevée, mais un peu snob quoi ! ». No comment !
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Ainsi s'achève cette petite « gueulante » contre cette grosse blague qu'est Brett, et qui malheureusement, est loin d'être un cas isolé à George Washington apparemment... Trevor m'avait pourtant prévenu ; je continue de tomber de haut !
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Ndlr : Brett parle français, alors j'espère qu'il n'aura jamais ouï dire de ce petit portrait...
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Page « Évènements sportifs »
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Ce soir, Trevor nous a emmenées, Marine et moi, à un événement annuel que j'attendais avec impatience depuis que mes copines du foyer m'avaient offert le "Lonely Planet" sur Washington (merci Floflo, Camille, Astrid et Julieta de amor !) : la drag race. Le principe : la 17th rue, entre Dupont Circle et Logan Circle ; une foule de flics et de spectateurs massée sur les trottoirs, aux fenêtres et sur les toits environnants ; une centaine de drag queens en talons hauts.
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Au final : 2 heures d'attente pour 2 minutes de course ! Mais purée, ça en valait la peine ! Je n'avais jamais rien vu de semblable... Lady Gaga, Cruella, des épouses de mineurs chiliens, Liza Minelli, Wonderwoman, des écolières anglaises, une Écossaise en kilt, des sufragettes, une mouette mazoutée par la marée BP, des divas, une reine des cartes, des danseuses du Crazy Horse, des sluts en tous genres... Une grande créativité pour certain(e)s ; une absence totale de prise de tête pour d'autres. Des tonnes de poils aux pattes ; zéro vrais seins. Un p'tit sentiment de malaise au début vite oublié par de grands éclats de rire. Un point commun à tous les coureurs (ou coureuses ? ;-) : du mauvais goût à outrance ! Mais qu'est-ce que c'était drôle !
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Ah oui, le résultat sportif ? Un petit gringalet, barbu, à la robe légère s'ouvrant sur une vraie moquette, sur des talons aiguilles pas très hauts !
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NB : Pour ne pas choquer certaines âmes sensibles, je n'ai mis ici qu'un échantillon de mes photos « soft ». Si vous avez envie de rigoler davantage et que vous avez le cœur bien accroché, let me know...
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Le Courrier des Lecteurs
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1°/ Joyeux Anniversaire Grand-Mère !!! Une carte postale est actuellement quelque part au-dessus de l'Océan Atlantique à ta recherche... Mille bisous doux ainsi qu'à "ton ours" ;-)
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2°/ Merci ma Luciole pour ta carte postale d'Iguazú ! Petite surprise et grand sourire à l'ouverture de la boîte aux lettres. Épatant paysage que j'espère voir un jour en vrai... Mil besos también querida.
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Sur ce, la gazette s'achève. Merci de l'avoir suivie ! Bonne nuit les petits !

samedi 23 octobre 2010

Into the wild

Cet après-midi, Connie et moi avons décidé de nous aventurer un peu en dehors de Washington, dans la nature... par le biais du Potomac ! [le fleuve qui borde DC pour rappel] Avec un grand soleil et une eau à 13°C, nous nous sommes élancées sur l'eau dans un kayak biplace vert ! Et là, nous avons ramé, ramé, ramé... jusqu'à nous éloigner de l'agglomération en direction du nord...
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Au début, nous avons longé quelques bâtiments/sites connus. Ci-dessous, vous allez voir le Watergate Complex, le fameux bâtiment dans lequel se trouvaient les locaux du parti démocrate où ont été posés les micros espions avec l'aval de Richard Nixon au début des années 1970. Aujourd'hui, le complexe - qui devait être révolutionnaire par son modernisme quand il a été construit, parce qu'il est circulaire - a très mal vieilli et il est devenu de loin l'un des bâtiments les plus ugly de DC. Vous noterez aussi le Washington Monument sur la droite, qu'on voit décidément de très loin.
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Nous avons aussi longé Rosslyn, une grosse agglomération séparée de Washington uniquement par le Potomac. Vous noterez d'emblée tous ces grattes-ciels de verre et d'acier qu'on ne voit pas à Washington, puisque la loi selon laquelle "aucun bâtiment ne peut dépasser le Congrès en hauteur" ne s'applique plus une fois sorti de la commune de Washington.
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Et puis peu à peu, les immeubles disparaissent, laissant place à de rares petites maisons abritant des snacks et des locations de bateaux... Encore une spéciale cacedédi à Angie : les clochetons derrière les arbres, ce sont ceux de Georgetown University.
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Et puis tout à coup, plus rien... Nous, toutes seules... Deux/trois kayaks ou petits bateaux de plaisance au loin... Plus un bruit à l'exception du clapotis de l'eau contre la paroi du kayak et le bruit des rames. Et là, c'est très TRES beau !
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Des petits îlots avec des arbrisseaux plantés dans le roc...
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Des espèces de grands hérons noirs ou gris foncé. On arrête de ramer, on se tait, on attend de se rapprocher d'eux en étant juste portées par le courant, l'histoire de ne pas les effrayer, l'appareil-photo autour du cou prêt à tirer... Et puis quand on est à 15m d'eux, ils s'envolent, en rasant l'eau sur plusieurs mètres... Une impression de liberté, d'indomptabilité... C'est très émouvant pour la Josée Bové que je suis ! (Grand-Mère, je sais que toi tu me comprends...)
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Résultat : malgré des crampes dans les bras, ma peau arrachée entre l'index et le pouce de chaque main, les pieds dans la flotte et les sweat-shirts et pantalons complètement wet, une super après-midi passée "en dehors de Washington" ! A refaire absolument... dès le printemps prochain, puisque la saison est finie cette semaine ! Bisous les p'tits loups...
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vendredi 22 octobre 2010

Il est venu le temps de la cathédrale...

Bon, étant donné le jeu de mots pourri que j'ai fait sur le titre de mon post, vous vous doutez aisément de ce que j'ai fait cet après-midi. Accompagnée d'Hyuna et d'Irene (une autre Coréenne), j'ai fait une petite marche à pied d'1h30 dans le froid soleil d'automne pour aller du campus à la Cathédrale de Washington, à l'extrême nord-ouest de la ville, dans les quartiers chicos.
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L'occasion de remonter Massachussetts Avenue, alias Embassy Row, en raison de toutes les ambassades qui s'y trouvent. Un petit air européen pour certains bâtiments : des maisons victoriennes, néogothiques, Renaissance, haussmanniennes... Une grande modernité digne de l'ambassade de France à Mascate pour d'autres... Illustration :
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L'occasion de voir aussi quelques très jolies maisons particulières qui ne doivent pas se donner...
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... et puis une église progressiste qui ne rejette pas les homos ! (c'est assez rare pour être souligné !)
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Une mosquée... La première que je vois aux Etats-Unis en deux mois ! (ça change de Dubai et Mascate !)
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Et puis partout, un parfum d'automne et d'Halloween qui se prépare... On n'y est pas encore, mais à voir les jardins customisés et les citrouilles partout, Halloween a l'air d'avoir un côté moins "commercial de mauvais goût" qu'en France. Pour l'instant, c'est joli comme tout... Des cultivateurs installent leurs potirons et leurs chrysanthèmes à vendre sur des pelouses en bord d'allées... Des gens décorent leurs perrons... Jugez par vous-mêmes !
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Après ce long périple donc (ça n'avait pas l'air si loin sur le plan évidemment...), nous arrivons ENFIN devant la Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul. D'inspiration "gothique anglais" - bien qu'elle ait été commencée en 1907 et finie en 1990 à peine - c'est la 6ème plus grande cathédrale au monde. Je dois dire que d'extérieur, elle est somptueuse... même si elle manque de pierres noircies, usées et de crottes de pigeon pour paraître complètement authentique.
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Malheureusement, nous n'avons pas vu l'intérieur, parce qu'avec la poisse qui me caractérise, quand nous sommes arrivées sur le parvis à 15h40, la cathédrale venait de fermer, 10 minutes plus tôt, "due to exceptional circumstances". Du coup, on y retournera, mais cette fois, on pourrait bien prendre le bus !

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